Articles - Velvorn: The Bladed Druid - Bad Day : épisodes 2

Le genre du médiéval-fantastique se traîne une réputation de non-originalité, voire même de banalité depuis l’émergence de nombreux copier-coller du Donjon de Naheulbeuk. Pourtant, c’est un genre qui peut toujours surprendre, et c’est le cas avec Velvorn : The Bladed Druid. Après un premier acte réussi et laissant présager un périple épique, l’arrivée de la suite de cet « audiodrama » était attendue avec impatience.
L’un des premiers constats que l’on peut faire en écoutant cet acte II, c’est le travail sonore époustouflant. Une réalisation sans accrocs, couplée à une mise en scène de qualité, et nous voilà transporté dans cet univers qui, s’il ne se passe pas de quelques petits clichés, est fort bien construit, avec son passé et ses légendes. La création de cet univers a été travaillée, ça se sent et c’est fort agréable. La mise en scène est cohérente, le rythme est toujours volontairement assez lent, histoire que l’auditeur et l’aventure puissent bien se poser. On a ainsi le temps de s’accaparer ce monde, et de s’attacher aux personnages. Ceux-ci sont bien définis, avec également leur passé respectifs. Tout est travaillé. Rien n’est laissé au hasard et on sent bien qu’on est loin d’une saga faite « à l’arrache ». Le jeu des acteurs est très bon, les bruitages et ambiances bien choisis et le tout monté forme un ensemble très fluide qui s’écoute avec plaisir. Tout cela porté par la musique d’Arnaud « Aspic » Condé, qui nous livre une bande originale bluffante, de part sa qualité technique et artistique. L’aspect fichier midi n’est plus autant présent que dans l’acte I, et des frissons nous parcourent l’échine à l’écoute de certaines pistes tout simplement fabuleuses. Toutes dans le même esprit, toutes en adéquation avec l’action, toutes contribuent grandement à notre voyage au sein du Royaume de Tüll (royaume d’ailleurs dirigé par un Empereur, petit détail assez maladroit).
En chipotant, on pourra regretter que les phases de combat à l’épée soient un peu simples, avec des bruitages de lames qui s’entrechoquent un peu répétitifs. On pourra également dénoncer la grande proximité avec Le Seigneur des Anneaux mais on peut prendre cette saga comme une inspiration pour Velvorn. Je rajouterais aussi un petit bémol personnel pour les elfes noirs. Pour ma part, je ne voyais pas du tout les elfes noirs de cette façon, mais ce ne sont que des interprétations personnelles. Qualifier cela de défaut serait assez malhonnête.
Cet acte II de Velvorn : The Bladed Druid évite de tomber dans le piège des sagas sérieuses : perdre la crédibilité. Heureusement, tout est fait pour nous emmener dans ce voyage et pour ne jamais en sortir. Un grand bravo à Jay et également à Aspic qui a fourni lui aussi un travail remarquable.
***

Cet avis concerne les deux premiers épisodes de Bad Day.
Misterfox fait partie de ces créateurs plein de bonnes idées. Avec Tostaky, créateur de l'excellent Phone, il se lance dans une saga d’un genre un peu particulier : le drame.
Avec une idée de départ peu joyeuse - Dylan et Freddy, deux drogués déprimés exclus de la société, semblent avoir trouvé une solution pour remédier à leurs problèmes : braquer une entreprise de software - inutile de chercher ici la parodie ou une histoire fantastique-épique. On est dans le réalisme et rien que ça consiste un gros challenge. Et comme de coutume avec The Unnamed, le challenge est réussi. On se prend de compassion pour ces deux « héros » atypiques au bord du gouffre. Les textes sont bien écrits et portés par un jeu d’acteur au poil, même si le jeu de Tostaky est un peu déstabilisant au début par rapport à celui de Misterfox. Mais là, ce sont les personnages qui obligent ce contraste. Techniquement, c’est simple, et c’est tout ce dont on a besoin, du moment que c’est bien fait. On n’a besoin ni de plus, ni de moins. Juste peut-être un petit bémol pour l’effet de pensée des personnages qui les rend assez difficilement audibles. La mise en scène est classique mais là aussi il aurait été inutile de faire du grand spectacle.
Cette apparente simplicité constitue en fait l’une des grandes qualités de Bad Day : le respect du réalisme de la saga. Le réalisme est toujours quelque chose de difficile à mettre en scène et Tostaky et Misterfox s’en sortent ici à merveille. Au même titre qu’une saga sérieuse épique, le piège est de nuire à la crédibilité de la saga et donc à l’immersion de l’auditeur. Bad Day réussit son pari et si le genre ne plaira pas à tout le monde, cette saga mérite d’y jeter une oreille. Par contre, faites attention, ça peut vous saper le moral. Finalement, c’est là la preuve que Bad Day est maîtrisé et que le contrat est bien rempli.
Note: 8
Ecrit par: Dehell, Le: 26/01/09